L’histoire

Il était une fois les plus vieilles montagnes de la Terre, que des glaciers mouvants ont transformées en plaines fertiles et en forêts luxuriantes… Il était une fois des hommes et des femmes qui, pendant plus de 7000 ans, ont sillonné un territoire, empruntant ses lacs et ses rivières, apprenant à repérer le gibier et inventoriant les plantes selon leurs effets sur la santé… Il était une fois des gens de partout au Québec, au Canada et même d’autres pays qui ont quitté le confort — ou la détresse — de leur ville ou de leur village pour aller faire surgir une région au milieu de la forêt, et qui y sont arrivés dans l’humilité et la bravoure. Il était une fois une région sans âge, aux mille histoires : l’Abitibi-Témiscamingue.Il y a plus de 10 000 ans, les glaciers qui recouvraient ce qu’on appelle aujourd’hui le Canada se sont retirés dans un titanesque voyage vers l’océan, laissant derrière eux des montagnes érodées, des dépôts de sable et d’argile ainsi qu’un immense chapelet de cours d’eau. C’est sur cette terre à la morphologie sculptée par la glace que se sont établis les ancêtres des Anishnabes (Algonquins). Pendant plus de 7000 ans, ils ont parcouru ce territoire, surmonté la rigueur du climat et exploité sagement les ressources de la faune et de la flore offertes en abondance. Profitant au maximum de leur situation géographique privilégiée à la tête des réseaux hydrographiques du St-Laurent et de la Baie-James, ils ont multiplié les échanges avec les nations du sud et du nord. Nous savons peu de choses de leur mode de vie, mais les fouilles archéologiques ont mis en lumière leur grande inventivité et le tour de force que représentait leur survie.Déjà au 17e siècle, le goût de l’aventure et de la liberté, jumelé à l’attrait des richesses naturelles, ont attiré explorateurs et coureurs des bois. Des postes de traite ont été établis dans les années 1670 au bord de la rivière Abitibi et du lac Témiscamingue (mots algonquins signifiant respectivement « Eaux du milieu » et « Eaux profondes »). Les hommes blancs ne sont alors que de passage pour commercer, explorer, évangéliser.

SURGI DU SOL : LE TÉMISCAMINGUE

Au milieu du 19e siècle s’amorce l’exploitation forestière dans les riches forêts du Témiscamingue. À la même époque, des religieux, les pères Oblats, fondent des missions ayant pour but d’évangéliser les Anishnabes. C’est l’un d’entre eux, le père Moffet, qui, le premier, tentera de cultiver ce sol encore vierge. Son succès est tel qu’il préside, en 1886, à la fondation du premier établissement blanc permanent de la région, Ville-Marie. Dans cette foulée, un chapelet de paroisses sera fondé au Témiscamingue, attirant des colons prêts à vivre en tant qu’agriculteurs et bûcherons.

EN VOITURE VERS L’ABITIBI!

Au début des années 1900, le premier ministre canadien Sir Wilfrid Laurier lance le projet un peu fou d’une ligne de chemin de fer reliant Québec et Winnipeg par le nord du Québec et de l’Ontario, sur le territoire cédé au Canada par la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1898. Le Transcontinental sera complété en 1913, alors que déjà, quelques centres de colonisation (Amos, La Sarre, Macamic, Barraute, Senneterre) sont fondés. Les efforts du gouvernement et du clergé pour peupler cette terre promise sont plutôt efficaces démographiquement parlant : la population passe de 329 personnes en 1912 à 11 823 en 1921. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la foi en l’avenir est immense : en 1923, une monumentale église de style byzantin est construite à Amos alors que les rues sont en boue et que l’électricité se fait attendre… Les colons arrivent de partout au Québec, chacun avec son histoire personnelle, mais tous contribueront à écrire l’épopée abitibienne.

L’EUPHORIE ABITIBIENNE

La mise en service du chemin de fer coïncide avec les premières explorations de la Commission géologique du Canada et du Bureau des mines du Québec qui seront bientôt suivies par celles de nombreux prospecteurs. La découverte d’un formidable gisement de cuivre sur les bords du lac Osisko mène à la création de la compagnie Noranda en 1925; l’année suivante sont fondées Noranda, ville de compagnie ordonnée et paisible, et Rouyn, bourgade chaotique et bruyante peuplée de squatters et d’aventuriers.
En 1934, une hausse rapide du prix de l’or provoque une sorte de folie chez les industriels et les chercheurs de fortune, ce qui mène à la fondation de Bourlamaque, Val-d’Or, Malartic, Cadillac et McWatters. Ces villes connaissent une croissance phénoménale, attirant autant des agriculteurs déçus des paroisses de l’Abitibi rurale que des immigrants fuyant la misère des pays d’Europe de l’Est, autre preuve que la région est la terre d’accueil par excellence pour quiconque souhaite y faire – ou refaire – sa vie. Finalement, les plans de colonisation des années trente viendront relier les trois zones de peuplement que sont le Témiscamingue, l’Abitibi rurale et l’Abitibi minière.

L’ADOLESCENCE D’UNE NOUVELLE RÉGION

Le développement minier du Nord-du-Québec, la construction de barrages à la Baie-James et les liens avec les Cris viendront, ponctuellement, donner un nouveau souffle à l’Abitibi-Témiscamingue. Les soubresauts de l’économie malmènent parfois la région qui se relève toujours. L’établissement d’une base aérienne militaire à Val-d’Or et d’un radar à Senneterre a donné un souffle nouveau à l’économie de ces secteurs. En outre, les ouvertures respectives du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, en 1967 et en 1983, permettent désormais aux gens, aux institutions et aux entreprises d’allier le savoir à l’inventivité et au courage.

L’HISTOIRE S’ÉCRIT CHAQUE JOUR…

De nos jours, de plus en plus de gens choisissent cette terre de toutes les libertés comme lieu de leur épanouissement. On les comprend. Depuis les dix dernières années, les services de santé se démarquent par leur accessibilité et leur humanité, l’économie se diversifie, la vie culturelle prend une place prépondérante et les nouvelles technologies ont pour ainsi dire aboli les distances. Des gens des quatre coins de la planète choisissent donc de venir chez nous et y trouvent leur place, offrant en échange les richesses de leur culture d’origine. Car c’est là l’essence même de l’Abitibi-Témiscamingue : elle est forte de l’apport de tous ceux et celles qui choisissent d’y vivre!

POUR EN SAVOIR PLUSMDupuis_PortraitPersonnalite-07

 

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